Actualités 2020

FHDFHDHDHFD.JPG
1.JPG
2.JPG
3.JPG
bbnbvv.JPG
vvvv.JPG
GJ.JPG
huma.JPG
le monde.JPG
gouv.JPG
num.JPG

PARIS : Roland GORI « Et si l’effondrement avait déjà eu lieu », en librairie le 3 juin 2020

roland.JPG

Quand le psychanalyste Roland Gori déconstruit le progrès... et la collapsologie

Dans son dernier essai, Et si l’effondrement avait déjà eu lieu ? (Les liens qui libèrent, 2020), le psychanalyste Roland Gori développe l'idée que le discours de l’effondrement relève de la croyance et oublie les fondamentaux de l’esprit critique qui ont mené aux progrès sociaux.

Initiateur en 2018 de L’Appel des appels, lancé pour « résister à la destruction volontaire et systématique de tout ce qui tisse le lien social », infatigable pourfendeur des normes néolibérales, du new public management et de sa passion pour l’évaluation qui ne mesure jamais l’essentiel, Roland Gori est ce qu’on pourrait appeler un allié authentique du progrès social (au sens de progrès pour toutes et tous, à distinguer du « progressisme » visant à faire avancer des revendications particulières).

À ce titre, les réserves que le psychanalyste exprime, dans son nouvel essai, contre la collapsologie ne s’inscrivent en rien dans une veine techno-solutionniste à la Laurent Alexandre et consorts, lesquels reçoivent d'ailleurs au passage quelques critiques acerbes de sa part. Non, Roland Gori veut plutôt nous secouer et nous montrer qu’un discours reposant sur de la croyance, de la spiritualité et une absence d’esprit critique n’est pas le chemin à suivre.

« L’étrange défaite de nos croyances »

L’auteur ne mésestime en rien la catastrophe climatique, au contraire. À la base de sa démonstration, il cite le documentaire fiction réalisé par Myriam Tonelotto (diffusion prévue en 2021), au titre - et surtout au sous-titre - explicite : An Zéro. Un accident nucléaire majeur. La question n’est pas de savoir si cela se produira, mais quand cela se produira. Ce projet transmédia se penche sur la faiblesse des réponses politiques face à l’ampleur de catastrophes naturelles ou industrielles à même de ravager des régions entières, et le déni des gouvernements successifs face à cette situation.

Détail de l'affiche du documentaire fiction An Zéro

Ce film s’ouvre sur la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle), aux portes du Luxembourg. Si jamais un incendie devait se déclarer dans l’un des réacteurs de cette centrale, c'est tout le système économique qui pourrait s’effondrer, les banques centrales ne pouvant soutenir la France dans la couverture des risques liés à une catastrophe d’une telle ampleur. Un seul réacteur (mais mal placé) suffirait donc pour menacer toute l’Union européenne. Car l’atome ne connaît pas les frontières administratives et que, dans un tel scénario, l’incendie impliquerait d’évacuer 600 000 Luxembourgeois, autant de frontaliers refoulés, et plusieurs milliers de contaminés et d’irradiés. Les modélisations du risque par les experts luxembourgeois (qui ne voulaient pas de la centrale) avancent une indemnisation potentielle par la France de 100% de son PIB en cas d'accident nucléaire majeur, de quoi entraîner un effondrement de l’euro et le décrochage des bourses mondiales.

La question n’est pas de savoir si un effondrement peut avoir lieu, mais plutôt  de quel effondrement parlons-nous ?

À travers cet exemple, Roland Gori souligne l’hyperfragilité d’un modèle de développement qu'on croit encore robuste : ça n’est pas parce que des accidents nucléaires ou des marées noires, par le passé, n’ont pas ravagé l’économie mondiale, qu’une nouvelle catastrophe de ce type ne pourrait pas le faire. Selon le psychanalyste, la question n’est donc pas de savoir si un effondrement peut avoir lieu, mais plutôt  de quel effondrement parlons-nous ?

Et c’est là où le sous-titre du livre prend tout son sens : « L’étrange défaite de nos croyances » est un clin d’œil à L’étrange défaite de l’historien Marc Bloch, livre paru en 1940. Officier pendant la seconde guerre mondiale, Bloch ne décolérait pas contre la responsabilité partagée du commandement et du renseignement en amont du conflit, et contre le manque de concertation qui a poussé la France à capituler alors qu’elle pouvait encore combattre les nazis. Le livre ne cède pas à la tentation du point Godwin mais décortique plutôt notre abandon de l’idéal de progrès pour toutes et tous, et le fait que nous acceptons le joug progressiste qui réduit  au strict minimum l’État social, comme si l'on attendait la libération de cet asservissement par l’effondrement...

Roland Gori montre de façon très convaincante que le renoncement à l'idéal de progrès n’est pas un projet de société

Roland Gori montre de façon très convaincante que le renoncement à un idéal n’est pas un projet de société et que nous devons retisser les contours d’un progrès social et écologique fort. Plus manuel de lutte contre un quotidien étouffant que manifeste politique, son essai permet de retrouver confiance dans l’existence d’un « après » vraiment différent de l’avant - ce qui n’est pas rien.

Écrit avant la pandémie de Covid-19, le livre a été mis sous presse pendant le confinement, avec quelques notes et actualisations de l’auteur qui renforcent ses analyses : entre le sous-investissement dans l’hôpital public et la croyance dans l’agilité managériale, la gestion de crise sanitaire vient rappeler que l’effondrement d’une certaine idée du progrès a déjà eu lieu.

Retrouver « l'esprit de Philadelphie »

Jamais pédant, toujours soucieux de partager le savoir, Roland Gori parsème son propos de citations éclairantes. À propos de la marchandisation de biens communs comme la santé : « La concurrence tend au meilleur marché plus qu’à la meilleure qualité » (Paul Valéry, Les Fruits amers de la démocratie). À propos de la propagande progressiste qui invente des découpages historiques artificiels pour raconter un progrès historique linéaire : « On reconnaît dans ce discours cette grande rhétorique de la séparation des temps qui, du même mouvement, invente les deux périodes qu’elle écarte : Moyen Âge et Renaissance »  (l’historien Patrick Boucheron). Ou encore, à propos d’un possible effondrement (à l’époque à cause de la répression politique) : « Les questions de ce qui périra ou subsistera dans nos sociétés sont insolubles. Ce que nous savons d’avance, c’est que la vie sera d’autant moins inhumaine que la capacité individuelle de penser et d’agir sera plus grande » (la philosophe Simone Weil). 

Cet essai est un vade-mecum pour temps troubles, précieux pour déconstruire le mythe du progrès et ne pas souffrir de « solastalgie »

Autant de figures de la pensée que Roland Gori sollicite ici comme il sèmerait des cailloux pour permettre de retrouver le chemin de « l’esprit de Philadelphie » (référence à la déclaration de l’Organisation internationale du travail en 1944, ndlr), celui de la croyance en des lendemains radieux. On pourrait ajouter à cette liste Donald Winnicott ou Theodor W. Adorno mais, vous l’aurez compris, cet essai est un vade-mecum pour temps troubles, précieux pour déconstruire le mythe du progrès et ne pas souffrir de « solastalgie » - ce « sentiment de désolation causé par la dévastation de son habitat » selon son concepteur, le philosophe australien Glenn Albrechts – dans lequel Roland Gori voit une forme de « syndrome pré-traumatique ». On ressort de cette érudite et foisonnante pérégrination intellectuelle avec l’envie de croire que le catastrophisme éclairé n’est, en définitive, peut-être pas un horizon si sombre.

Les exilés de l'intime

- Roland Gori -
- Marie-José Del Volgo -

Poche + : parce qu’un livre n’est jamais clos, mais toujours dans le

mouvement du monde, Les exilés de l'intime sera précédé d’une nouvelle préface inédite des auteurs.

La liberté du patient semble aujourd'hui une priorité pour les médecins et les psychiatres. Et pourtant, au nom de l'expertise scientifique et de la gestion rationnelle de la vie quotidienne, jamais on n'a soumis l'individu à autant de contrôles, jamais on n'a gardé autant de traces et d'archives des comportements privés, jamais les pratiques médicales n'ont à un tel point perdu le souci du malade.

La notion de « santé mentale » véhicule désormais un nouvel état d'esprit, visant à réduire les « anomalies » du comportement dès le plus jeune âge, puis à quadriller les populations en croisant les nouvelles données neurobiologiques, économiques et génétiques. D'où vient ce modèle de société qui s'installe sournoisement sous nos yeux ? Roland Gori et Marie-José Del Volgo éclairent de nombreux dossiers de la médecine contemporaine : depuis la nouvelle gestion des hôpitaux jusqu'à la diffusion massive du

Viagra, en passant par les simulacres actuels de l'information et du consentement. Et montrent la nouvelle alliance de la médecine et de l'économie, en train de construire un homme « neuroéconomique ».

Sortie : 03 juin 2020

Visio-conférence de Roland Gori

RENCONTRES et DÉBATS AUTREMENT organise :

VISIO-CONFÉRENCE-DÉBAT Vendredi 19 juin, 18H

avec Roland GORI  à  propos de son dernier livre :

ET SI L’EFFONDREMENT AVAIT DÉJÀ EU LIEU

LLL Les Liens qui Libèrent, paru le 3 juin 2020

INSCRIPTION : 

http://rencontres-et-debats-autrement.org/index.php?page=contact-inscription

 

Roland Gori est psychanalyste, professeur honoraire de psychopathologie à Aix-Marseille-Université et Président de l’Association Appel des Appels. Il a publié une vingtaine d’ouvrages dont les derniers parus : La nudité du pouvoir_Comprendre le moment Macron, La Dignité de penser, L’Individu Ingouvernable, Faut-il renoncer à la liberté pour être heureux ?, Un Monde sans Esprit et La Fabrique des imposteurs.

http://rencontres-et-debats-autrement.org/index.php?page=roland-gori

 

A PROPOS DU LIVRE

Les croyances, les catégories de jugement et les manières de penser le monde et l’humain qui ont fondé et inspiré les sociétés thermo-industrielles se sont effondrées. Nous sommes pris sous les décombres de cet effondrement. Comme en attestent nos malheurs actuels, – pandémie, crise climatique, crises sociale et psychique -, symptôme de notre impréparation culturelle, sociale et civilisationnelle. Notre sol s’est dérobé, nos fondations s’effondrent, comment alors penser l’avenir ?

Convoquant la psychanalyse et les philosophes de l’histoire – Walter Benjamin, Hannah Ahrendt – La Banalité du Mal –  Johann Chapoutot - Roland GORI met en garde contre la pensée technocrate et une vison mécaniste et accumulative de l’histoire, tout en rappelant que le présent ouvre  d’infinies possibilités de renouvellement.

« Aujourd’hui une « âme numérique » agite les corps … pour mieux la broyer à l’aune de l’utilité. Dans ce grand naufrage de notre civilisation humaine...la crise écologique reflète en miroir la déshumanisation » (p. 259)

 

Extrait d’un texte de ROLAND GORI

22 mai 2020

 

« Cet ouvrage (1) a été terminé au moment où l’épidémie de coronavirus s’installait en France, produisant une grande inquiétude dans la population au risque de désorganiser l’économie et de précipiter une crise sociale et politique. Une fois encore dans l’histoire humaine le « sol » semble se dérober sous nos pieds et donne raison aux partisans de la collapsologie et autres prophètes de l’Apocalypse. L’état d’impréparation de nos gouvernements a mis en évidence le poids et la faillite des Agences diverses et variées de la bureaucratie néolibérale. Les politiques néolibérales qui avaient mis à mal les services publics par les dogmes affirmés de la mondialisation, les figures anthropologiques d’un homme économique, les priorités de la lutte pour la compétitivité, les exigences d’austérité… se dévoilent aujourd’hui dans leurs impostures. Libérés des tutelles gestionnaires, les soignants que la communication gouvernementale a voulu faire passer pour des « héros », après les avoir matraqués lors de leurs manifestations pour la sauvegarde de l’hôpital, ont magnifiquement exercé leurs métiers.... A partir de cette crise sanitaire et sociale ce qui paraissait impossible hier encore, en matière de protection des humains, pourrait se mettre en place. La catastrophe l’exige, l’opinion y consent. Nous pourrions espérer qu’à la panique de la pandémie et de ses conséquences sociales succède la sagesse des effets des deuils et de la perte. C’est ce à quoi invite cet ouvrage face à la faillite d’un productivisme débridé et mondialisé illuminé des lueurs d’un astre mort, celui des illusions et des croyances du XIXe siècle que nous avons reçues en héritage.
C’est la thèse de l’ouvrage : nos craintes d’effondrement sont à prendre au sérieux, moins comme catastrophes à venir, qu’en tant que symptômes d’un événement qui a déjà eu lieu. Nos malheurs actuels, - pandémies, crises climatiques, crises sociales et économiques, crises politiques et culturelles -, ne sont que les symptômes de cet effondrement qui a déjà eu lieu dans l’ordre symbolique, celui des catégories de jugement et des manières de penser le monde et l’humain inspirées des principes fondateurs de nos sociétés industrielles. Ces catastrophes surgissant dans notre actualité, probables dans notre futur ne sont et ne seront désastreuses que du fait de notre impréparation à les accueillir et à les traiter. Cette impréparation provient d’une culture de la modernité prise par la discordance des temps, fixée au piquet de l’instant, oublieuse du passé et déjà prisonnière d’une conception du futur placée sous le signe des progrès techniques.…… »

Frédéric Pierru a tenu a revenir sur l'importance du dernier livre du psychanalyste Roland Gori, "Et si l'effondrement avait déjà eu lieu", chroniqué dans nos pages. Celui-ci nous invite à regarder "l’effondrement de nos catégories de pensée et de notre rapport au temps, du lien entre passé, présent et futur."

Et si l'effondrement avait déjà eu lieu    (60 mn) le 21 juin 2020 [ Specials ]

Un entretien avec l'auteur du livre éponyme, le psychanalyste Roland Gori, pour qui "les croyances, les catégories de jugement et les manières de penser le monde et l’humain qui ont fondé et inspiré les sociétés thermo-industrielles se sont effondrées". Il est temps donc de se libérer des catégories de pensée issues d'une époque révolue pour mieux assurer le futur. Or, estime notre interlocuteur, "nous avons plus que jamais besoin de l’histoire, de la philosophie et de la psychanalyse pour nous délivrer de ce passé qui est moins trace qu’actualité d’une histoire méconnue. Il nous faut sans attendre inventer une nouvelle forme d’utopie fabriquée avec l’étoffe de nos rêves, pensée moins comme le projet d’un avenir meilleur sans cesse repoussé aux calendes grecques que comme l’originalité à saisir à tout moment pour inventer un futur inédit." 45'

ROLAND GORI

2017/2020

  • Facebook Social Icon
  • YouTube Social  Icon
  • LinkedIn Social Icône

© 2017/2020  Amélie Minier pour Roland GORI

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now