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Et si l'effondrement avait déjà eu lieu. Les croyances, les catégories de jugement et les manières de penser le monde et l'humain qui ont fondé et inspiré les sociétés thermo-industrielles se sont effondrées. Nos malheurs actuels, - pandémie, crise climatique, crises sociales et psychiques -, attestent tels des symptômes de notre impréparation culturelle, sociale et civilisationnelle. Notre sol s'est dérobé, nos fondations s'effondrent, comment alors penser l'avenir ? Les lueurs du présent proviennent d'un astre mort, celui des croyances du XIXe siècle, obscurcies par les tragédies du siècle suivant. 
Et pourtant, ces valeurs guident encore nos conduites, orientent nos actions, fabriquent nos visions du monde et nos subjectivités. Nous retrouvons ces illusions zombies dans des discours progressistes qui, au nom de la modernité - sélection, compétition, progrès continu, évolution orientée par une conception linéaire et mécanique du temps... font du futur leur paradis perdu. Ce déséquilibre majeur, entre la force de nos découvertes et l'indispensable sagesse qu'elles requièrent, nous fait rater depuis un siècle nos rendez-vous avec l'histoire. 
Un nouveau langage nous manque pour dire un monde aujourd'hui disloqué, chaotique, fait d'une multitude d'événements inattendus. Or, nous avons plus que jamais besoin de l'histoire, de la philosophie et de la psychanalyse pour nous délivrer de ce passé qui est moins trace qu'actualité d'une histoire méconnue. Il nous faut sans attendre inventer une nouvelle forme d'utopie fabriquée avec l'étoffe de nos rêves, pensée moins comme le projet d'un avenir meilleur sans cesse repoussé aux calendes grecques que comme l'originalité à saisir à tout moment pour inventer un futur inédit.

Exilés de l'intime

Vers un homme neuroéconomique ?

 

Marie-José Del Volgo
Roland Gori

Nous vivons un moment politique complètement inédit dont l’élection de Macron est à la fois le symbole et l’accélérateur.

Une verticalité renforcée du pouvoir qui défie tous les corps intermédiaires ou les institutions et une horizontalité accrue de la société par les forces conjuguées du libéralisme économique, fondées exclusivement sur l’efficacité et la rentabilité, et du numérique. Cette disjonction est-elle tenable ?... Voici une remarquable analyse du temps présent de Roland Gori qui en démontre toutes les contradictions et les périls.

La nudité du pouvoir, Roland Gori, Les Liens qui Libèrent, 2019

Une baisse d’attention, une agitation excessive, un chagrin d’amour : un petit cachet, et le tour est joué ! Le moindre écart émotionnel ou comportemental est aujourd’hui médicalisé.

Selon l’Observatoire français des drogues et toxicomanies, près de 25 % des jeunes ont déjà pris au moins un psychotrope à l’âge de 17 ans. Normal ! Ils sont désormais initiés au dopage dès le plus jeune âge. L’explosion des ventes de Ritaline, médicament prescrit à partir de 6 ans aux enfants diagnostiqués hyperactifs est là pour le prouver.

Quel monde terrifiant et halluciné sommes-nous en train de transmettre aux générations futures ? Jusqu’où va nous mener une société aliénant nos esprits à coup de scuds chimiques mais aussi de shoots numériques ? Car addictions médicamenteuses et digitales ont partie liée. Elles visent à nous anesthésier, à nous éloigner de notre humanité.

C’est ce qu’Homo Drogus, un manifeste destiné aux parents en particulier et à la société en général, entend dénoncer. La manière dont une société prend en charge les sujets les plus fragiles, tels les enfants, révèle sa substance éthique. Il est temps de prendre soin de nos vulnérabilités au lieu de chercher à les nier.

Professeur honoraire de psychopathologie clinique à l’université d’Aix-Marseille, psychanalyste, Roland Gori a publié de nombreux ouvrages sur les passions, le terrorisme, les imposteurs. Son dernier texte décortique l’arrivée au pouvoir et la présidence d’Emmanuel Macron.

Auteure, réalisatrice de documentaires pour la télévision et reporter au magazine Psychologies, Hélène Fresnel s’est formée à la psychanalyse après des études de lettres et de journalisme. Elle a notamment écrit avec Véronique Vasseur, ancien médecin-chef à la prison de la Santé, une enquête sur les travailleurs pauvres.

Homo Drogus, Roland Gori & Hélène Fresnel, éditions HarperCollins
160 pages, 14€, parution le 6 mars 2019

ROLAND GORI

2017/2020

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© 2017/2020  Amélie Minier pour Roland GORI

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